La torture physique est la dernière forme de meurtre, qu’elle soit pratiquée intentionnellement pour détruire ou non.

dans « The illustrated Christian martyrology – being an authentic and genuine historical acount of the principal persecutions against the church of Christ, in different parts of the world » P1
La torture physique : pousser l’âme humaine hors de son corps.
La torture physique attaque la capacité de l’âme à rester dans son corps.
A méditer : Le cas de Maria, Chili
Ce cas correspond à une femme de 26 ans, sans enfants, arrêtée en vrai torchon immonde. Peut-être en compagnie de son mari, lui militant, elle simple sympathisante de la résistance. Physiquement fragile, nerveuse, passionnée, Maria affronta les tortionnaires dès le début sur le ton de la réponse insolente, effrontée, en allant jusqu’au pugilat impuissant, son compagnon étant tombé dans un état de soumission incohérente.
Le processus de torture alternée avec de brèves périodes de repos dura pour elle deux mois. Toute la panoplie de sévices lui a été appliquée sans que son comportement en fût en apparence modifié. Elle m’a confié que pendant ces deux mois sa seule préoccupation a été de faire en sorte que chaque séance devint la dernière par provocation de la mort. Elle a refusé toute nourriture en recherchant l’affaiblissement généralisé de son organisme. On l’a alors perfusée pour continuer le « traitement ».
Sa conduite l’a amenée à vivre chaque séance de torture comme si c’était la première, en empêchant toute progression psychologique dans la relation avec les bourreaux. « Je sentais que c’était la seule manière d’éviter la déchéance, que dès le moment où j’aurais répondu un seul mot logiquement lié à une seule de leurs questions ils m’auraient eue : j’étais une chatte sauvage et je le suis restée jusqu’à leur épuisement, mais à mes yeux je n’était plus moi-même une personne. L’horreur pour moi c’était la crainte de devenir la chose qu’était devenu mon mari, un être sans volonté ni jugement, un n’étais-je pas très humaine à ce moment-là, mais au moins je pouvais redevenir moi-même après. »
Elle ne comprenait rien à ce qu’on lui demandait. Grâce à son faible niveau d’engagement politique, aucun élément de symbolisation sociale de l’acte qu’elle subissait ne lui facilitait l’acceptation du rapport imposé par les tortionnaires. Son refus viscéral de ce type de rapport lui a permis de conserver son image de soi, mais aurait pu tout autant la conduire à la mort. Maria prit conscience de la « transcendance » de cette éventualité seulement après la période des tortures, quand elle put en parler à d’autres prisonnières, et devint ainsi une « horrifiée après coup », selon ses mots.
Source : SÉQUELLES DE LA TORTURE : ADAPTATION OU GUÉRISON ?, Hugo URRESTARAZU, 28 avril 2006, consulté le 15/12/2022
La torture : pour la prise de possession du corps humain par les démons
L’objectif des démons est de réussir à prendre la place de l’âme humaine sans tuer le corps.
Texte à méditer :
On s’accorde, en prenant pour référence le système nosologique américain DSM-IV (IVè révision du Diagnosis and Statistical Manual of Mental Disorders, 1994), à reconnaître que les séquelles psychiques des victimes de torture sont des états de stress post-traumatiques (Post Traumatic Stress Disorder – PTSD) sévères et durables.
Mais ce diagnostic ne souligne pas assez l’altération de la personnalité de la victime, altération qui est explicitement reconnue dans le système nosologique international CIM-10 (Classification Internationale des Troubles Mentaux), sous le diagnostic de “modification durable de la personnalité après une expérience de catastrophe”. L’altération de la personnalité après impact du trauma était reconnue aussi dans l’ancien diagnostic de névrose traumatique, sous les vocables de “changement d’âme” (Simmel, 1918), “personnalité traumato névrotique” (Crocq, 1969) et “transfiguration de la personnalité” (Shatan, 1974). (….)
Beaucoup ont le sentiment d’avoir complètement changé de personnalité, avec la sensation d’un profond bouleversement physique et mental, proche de la dépersonnalisation. Beaucoup sont marquées du sceau de la honte, et même de la culpabilité, pour avoir cédé à la douleur et à la violence, pour avoir assisté impuissants à la torture d’un autre, et pour avoir survécu alors que leurs co-détenus sont morts. En résumé, ce sont des personnes qui ont dû établir un nouveau rapport au monde et à soi-même, une nouvelle manière de percevoir, de penser, de juger, d’aimer, de vouloir et d’agir.
Source : Le praticien face à une victime de torture, association AVRE, consulté le 16/12/2022, p. 36 et p. 39
Victime et bourreau
La torture tue autant la victime que le bourreau.
A méditer : L’expérience de Stanford
Sur Wikipedia : Expérience de Stanford
Podcast sur France Culture : Expérience de Stanford : sommes-nous tous des bourreaux en puissance ? Lundi 30 mars 2020, consulté le 15/12/2022
A méditer : La torture pendant la guerre.
Jusqu’à quand l’homme va-t-il se laisser faire ?

Crédits photos :
P1. https://commons.wikimedia.org/wiki/File:The_illustrated_Christian_martyrology_-being_an_authentic_and_genuine_historical_acount_of_the_principal_persecutions_against_the_church_of_Christ,_in_different_parts_of_the_world(1854)_(14748761746).jpg, consulté le 16/12/2022
