La possession (5) – L’ouverture du troisième oeil

Le troisième oeil : L’uraeus ?

Le troisième oeil n’est pas un organe physique.

Sujet à méditer : La représentation du troisième oeil en Egypte antique

En égyptien ancien

I12

jˁr.t (« cobra »)

En grec ancien

οὐραῖος / ouraîos

Trad. Bailly : qui concerne la queue, de derrière, qui est à l’extrémité

Uraeus symbole du troisième oeil
Masque funéraire du roi Amenemopet muni d’un uræus au front.
Notez la queue du serpent qui se poursuit le long de la ligne médiane du crâne.
XXIe dynastie – Musée égyptien du Caire. (P1)

URAEUS

Ce vocable du plus ancien jargon égyptologique est la latinisation de la forme grecque ouraios qui, selon les Hieroglyphica d’Horapollon, aurait désigné en égyptien le serpent basilic (basiliscos, « royal »).

Ce n’était point, comme le croyait ce philosophe alexandrin, le gros reptile mâle qui symbolisait l’éternité cosmique, mais le cobra en éveil, entité féminine appelée iârat, qui représentait la force magique des couronnes et le feu brûlant du soleil. Cet être divin se confond avec Ouaddjyt, génie de la coiffure du nord, mais aussi – étant « l’Oeil de Ré » – avec plusieurs autres déesses, notamment Sekhmet à tête de lion.

L’uraeus, simple ou dédoublé (comme les couronnes royales), est suspendu au disque solaire. Insigne caractéristique et exclusif de la fonction royale ici-bas, un cobra unique, à partir, à partir de la IVe dynastie, rampe dans l’axe de la coiffure du pharaon et dresse sa gorge gonflée au milieu de son front.

Certaines princesses partagent ce privilège et, au Nouvel Empire, l’uraeus multiplié orne les couronnes de déesses et des reines.

Dans les temples, le cobra dressé forme des frises protectrices en haut des parois.

Vernus P., Yoyotte J., Dictionnaire des Pharaons, 1998, Ed. Noêsis, p. 192, ISBN : 2-911606-08-6

A la recherche du troisième oeil : la glande pinéale ?

Tous ceux qui le cherchent dans le cerveau sont dans l’erreur.

Sujet à méditer : Descartes et la glande pinéale

Schéma du fonctionnement de la glande pinéale vue par Descartes dans le traité de l’Homme (figure publiée dans l’édition de 1664).

La glande pinéale fut l’avant-dernière des glandes endocrines dont la fonction fut identifiée. Cela explique sans doute les spéculations tant physiologiques que métaphysiques qui ont entouré son rôle supposé central dans la pensée du fait de sa position dans l’encéphale.

La plus célèbre de ces théories est sans doute celle du philosophe français René Descartes qui désigna la glande pinéale comme le « siège » de l’âme. Pour justifier cette hypothèse, Descartes se basait sur le fait que la glande pinéale aurait été l’unique organe de la tête à n’être pas conjugué, c’est-à-dire ne se présentant pas sous une forme de paire d’organes symétriques situés de part et d’autre du plan sagittal.

Par ailleurs outre sa position centrale, la glande pinéale se trouve juste au-dessus de l’aqueduc de Sylvius dont Descartes pensait qu’il guidait ce qu’il appelait les « esprits animaux » censés faire naître les sensations dans l’âme en frappant la glande pinéale. 

Source : Wikipédia, article Glande pinéale, consulté le 5 janvier 2023

Pour ce qui est des parties du sang qui pénètrent jusqu’au cerveau, elles n’y servent pas seulement à nourrir et entretenir sa substance, mais principalement aussi à y produire un certain vent très subtil, ou plutôt une flamme très vive et très pure, qu’on nomme les esprits animaux. (…)

Or, entre ces figures (des objets), ce ne sont pas celles qui s’impriment dans les organes des sens extérieurs, ou dans la superficie intérieure du cerveau, mais seulement celles qui se tracent dans les esprits sur la superficie de la glande H (glande pinéale), où est le siège de l’imagination, et du sens commun, qui doivent être prises pour les idées, c’est à dire pour les formes ou images que l’âme raisonnable considérera immédiatement, lorsque étant unie à cette machine elle imaginera ou sentira quelque objet.

Descartes, L’Homme, 2018, GF Flammarion, pp. 135 – 136 et 194, ISBN 978-2-0812-0643-4

Le troisième oeil : une porte invisible

C’est un organe du corps subtil, que certains appellent l’aura, qui permet l’ouverture de la porte d’accès au monde subtil ou monde des jinns.

Effet Kirlian sur la position du lotus (P2)

Le troisième oeil dans l’hindouisme

Dans l’hindouisme, le troisième oeil est appelé jnana chakshus, l’œil de la connaissance.


Dictionnaire de sanscrit, https://sanskrit.inria.fr/DICO/27.html#j~naana, consulté le 5 janvier 2023 :

ज्ञान jñāna [act. jñā_1]  n. connaissance, savoir, science ; sagesse ; syn. vidyā | perspicacité ; intelligence, pensée ; conscience ; syn. buddhi || fr. gnose, cognition.

jñānanetra [netra]  m. phil. [yoga] [«œil de savoir»] 3e œil, ouvert à l’ājñācakra ; il contemple la Vérité Divine ; c’est un attribut de Śiva

ājñācakra [cakra]  n. phil. 6ecakra du yoga tantr., situé entre les deux sourcils [bhrūmadhya] ; il est représenté par un lotus blanc de 2 pétales ; un triangle blanc y symbolise l’esprit, et porte le bījamantra ‘om’ ; ce cakra contrôle le mental ; il est le centre psychique de l’Autorité de la Vérité.


Brahmā. Cambodge, province de Siemreap, Phnom Bok, style du Bakheng,
fin 9ème – début 10ème siècle, grès. Musée Guimet,Paris.
Notez la présence d’un oeil vertical au niveau du front symbolisant le troisième oeil.

Le troisième oeil dans le bouddhisme

Tête de Bouddha, Musée Guimet (P3)

Sur les représentations du Bouddha, on remarque principalement les caractéristiques suivantes :

  • des lobes d’oreille allongés : en raison des lourds bijoux que portait autrefois le jeune prince Siddhartha.
  • l’ourna : petite boule saillante sur le front qui symbolise le troisième œil, sur certaines statues il s’agit d’une pierre précieuse.
  • l’oushnisha : protubérance de la sagesse au sommet du crâne (qui n’est pas un chignon).
  • son vêtement est une pièce de tissu non taillée et non cousue, mais simplement drapée.
Wikipédia, Article Bouddha, consulté le 5 janvier 2023

Mais où est le troisième oeil ?

Il est situé dans la faux du cerveau.

Dr. Johannes Sobotta — Atlas and Text-book of Human Anatomy Volume III Vascular System, Lymphatic system, Nervous system and Sense Organs, 1908

Les Egyptiens ont pris encore pour symbole de l’Eternité un Serpent dont la queue est cachée. Ils appellent ce Serpent Ubaee : les Grecs l’appellent Basilic : l’or est la matière que les premiers emploient pour en fabriquer les images, qu’ils placent auprès de celles de leurs dieux. (…)

Les Egyptiens placent aussi les images du Basilic sur la tête des dieux, parce qu’il paraît avoir comme eux, la puissance de vie et de mort; en tant, disent-ils, qu’il tue tous les autres animaux, de son souffle seul, sans le secours d’aucune morsure.

Hiéroglyphes dits d’Horapolle, Ouvrage traduit du Grec, par M. Réquier, 1779, Paris, disponible sur le site https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9612330b.r=horapolle?rk=21459;2, consulté le 5 janvier 2023

Crédits photos :

  1. Mask_of_Amenemope_by_John_Campana.jpgtutincommon (John Campana) Leoboudvderivative work: JMCC1 (talk), Mask of Amenemope by John Campana cCC BY 2.0
  2. Emmanuel HEREDIALotus KirlianCC BY-SA 3.0
  3. Jean-Pierre Dalbéra from Paris, France, Tête de Bouddha (Musée Guimet MNAAG, Paris) (48230115956)CC BY 2.0

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