Tuer (6) – Le Viol

Le viol est un meurtre

L’homme assassine par le viol. Le viol est la pire forme de meurtre.

 (…) Si c’est en pleine campagne que l’homme rencontre la jeune fiancée, qu’il la violente et couche avec elle, l’homme, seul, mourra. À la jeune fille, tu ne feras rien. Elle n’a pas commis un péché qui mérite la mort.

Le cas est le même que si un homme se jette sur son prochain et l’assassine.

Deutéronome, 22 : 25 – 26

Le viol est cause de possession

Le viol permet de forcer l’âme humaine à quitter son corps en permettant au corps encore en vie de rester sous le contrôle des démons.

Très peu de femmes survivent au viol, encore moins d’hommes.

Sujet à méditer : la dissociation d’origine traumatique

Le viol dans le mariage

Le viol, qu’il soit dans le mariage ou non est interdit.

L'amour contre le viol
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Ayez un contact réjouissant avec (vos femmes) et désirez ardemment ce qu’Allâh a prescrit pour vous.

Coran, 2 : 187, trad. Maurice Gloton

Le viol : pour empêcher l’homme de rencontrer Dieu

Le viol des femmes permet d’empêcher les hommes de rencontrer Dieu. Un homme marié avec une femme incapable de s’ouvrir à l’amour ne progressera jamais sur le chemin vers Dieu.

Alors le Seigneur Dieu fit tomber sur lui un sommeil mystérieux, et l’homme s’endormit. Le Seigneur Dieu prit une de ses côtes, puis il referma la chair à sa place. Avec la côte qu’il avait prise à l’homme, il façonna une femme et il l’amena vers l’homme.

L’homme dit alors : « Cette fois-ci, voilà l’os de mes os et la chair de ma chair ! On l’appellera femme – Ishsha –, elle qui fut tirée de l’homme – Ish. » À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu’un.

Genèse, 2 : 21 – 24

Sujet à méditer : le viol dans les Juges, ch. 19

 Le soleil se couchait quand ils approchèrent de Guibéa de Benjamin. Ils firent un détour pour passer la nuit à Guibéa. Le lévite entra, s’assit sur la place, mais personne ne lui offrit l’hospitalité pour la nuit.

Voici qu’un vieillard, le soir venu, rentrait de son travail des champs. Il était originaire de la montagne d’Éphraïm, mais il résidait à Guibéa, dont les habitants étaient Benjaminites. Levant les yeux, il remarqua le voyageur sur la place de la ville. Il lui demanda : « Où vas-tu, et d’où viens-tu ? »

L’homme lui répondit : « Partis de Bethléem de Juda, nous faisons route vers l’arrière-pays de la montagne d’Éphraïm. C’est de là que je suis originaire. Je me suis rendu à Bethléem de Juda et je retourne dans ma maison. Personne ne m’a offert l’hospitalité. Pourtant, nous avons de la paille et du fourrage pour nos ânes ; j’ai aussi du pain et du vin pour moi, pour ta servante et pour le jeune homme qui accompagne tes serviteurs. Nous ne manquons de rien ! »

Le vieillard dit alors : « Sois en paix ; laisse-moi pourvoir à tous tes besoins, mais ne passe pas la nuit sur la place. » Il le fit entrer dans sa maison et donna du fourrage aux ânes. Les voyageurs se lavèrent les pieds, ils mangèrent et ils burent.

Pendant qu’ils se restauraient, des hommes de la ville, de vrais vauriens, cernèrent la maison. Ils frappèrent à coups redoublés contre la porte et dirent au vieillard, propriétaire de la maison : « Fais sortir l’homme qui est entré chez toi pour que nous le connaissions ! »

Le propriétaire de la maison alla au-devant d’eux et leur dit : « Non, mes frères, non, ne faites pas le mal ! Après que cet homme a été reçu dans ma maison, ne commettez pas cette infamie ! Voici ma fille, qui est vierge ; je vais la faire sortir. Abusez d’elle ! Faites avec elle ce qui vous semblera bon, mais ne commettez pas contre cet homme un acte infâme. »

Les hommes de la ville ne voulurent pas l’écouter. Alors, le lévite saisit sa concubine et la leur amena dehors. Ils s’unirent à elle et s’en amusèrent toute la nuit, jusqu’au matin. Quand vint l’aurore, ils la relâchèrent.

Comme le matin approchait, la femme s’en vint tomber à l’entrée de la maison de l’homme chez qui était son mari, et elle resta là jusqu’à ce qu’il fît jour. Au petit matin, son mari se leva, ouvrit la porte de la maison, sortit pour reprendre sa route. Voici que sa concubine gisait à l’entrée de la maison, les mains sur le seuil !

« Lève-toi, lui dit-il, et partons ! » Il n’obtint pas de réponse. Il la mit sur son âne, partit et rentra chez lui. Une fois arrivé dans sa maison, il prit un couteau, saisit sa concubine, la dépeça, membre après membre, en douze morceaux, qu’il envoya dans tout le territoire d’Israël.

Juges, 19 : 14 – 29

Tuer (5) – L’âme et le respect du corps

La troisième valeur humaine est le respect de son corps. C’est une valeur fondamentale, très importante à prendre en compte à chaque instant.


A méditer : le refus de soin – respect du corps, respect de l’âme

Le Conseil d’Etat a eu l’occasion de rappeler que le respect de la personne humaine fait partie des principes déontologiques fondamentaux qui s’imposent au médecin dans ses rapports avec son patient (CE 2 juillet 1993, Lebon 194, concl. Kessler), mais c’est surtout depuis les Lois dites bioéthiques de 1994 (loi n° 94-653 du 29 juillet 199), que ce principe de primauté de son respect dorénavant posé par l’article 16 du Code civil, a pris toute son ampleur :

« La loi assure la primauté de la personne, interdit toute atteinte à la dignité de celle-ci et garantit le respect de l’être humain dès le commencement de sa vie »

La sauvegarde de la dignité humaine contre toute forme de dégradation, d’asservissement a par suite été considérée en 1994, lors de la parution des dispositions dites de Bioéthiques en France, comme ayant une valeur constitutionnelle (Décision du 24 juillet 1994, n° 94, n° 343-344 DC consid. n° 2). Or, la personne malade, personne humaine, a droit au même respect.

L’article L.1110- 2 du Code de la santé publique (issu de la loi n° 2002-303 du 4 mars 2002) en mentionnant que « La personne malade a droit au respect de sa dignité » se raccroche à cette évidence et traduit en termes de priorité le principe posé par l’article 16 du Code civil, si la Loi doit assurer la primauté de la personne, en pratique, chaque personne aura donc droit au respect de sa dignité, malade également.

« Il ne peut être [donc être] porté atteinte à l’intégrité du corps humain qu’en cas de nécessité médicale pour la personne ou à titre exceptionnel dans l’intérêt thérapeutique d’autrui » (art.16-3 Code civil).

Mais, même dans ce cas de figure décrit à l’article précité 16-3 du Code civil, cette « exception » ne sera envisageable que si la personne est d’accord. Naturellement, il existe des exceptions, mais la règle reste qu’aucun acte de soins, quelle qu’en soit la légitimité thérapeutique, ne peut donc être diligenté contre la volonté d’un patient : « Le consentement de l’intéressé doit être recueilli préalablement hors le cas où son état rend nécessaire une intervention thérapeutique à laquelle il n’est pas à même de consentir », poursuit cet article 16-3 du Code civil.

Source : DAVER Corinne, « Le refus de soins : une information spécifiquement adaptée par les praticiens », Hegel, 2014/2 (N° 2), p. 202-207. DOI : 10.4267/2042/53792. URL : https://www.cairn.info/revue-hegel-2014-2-page-202.htm


L’âme et son propre corps

Personne d’autre que l’âme humaine n’a de droit sur son propre corps. Toute manipulation ou étreinte non désirée est une violence, que l’âme soit un enfant ou un adulte.

cheerful little siblings hugging in armchair at home  le respect du corps est important lors d'embrassades
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Tout doit être fait pour protéger les individus les plus vulnérables.


Texte à méditer : La loi du 21 avril 2021 visant à protéger les mineurs des crimes et délits sexuels et de l’inceste


La notion de consentement est une notion importante qui est à la base de plusieurs textes de loi dans de nombreux domaines (civil, commercial, médical, pénal…). Mais des questions restent ouvertes :

  • Comment vérifier que consentement à bien été donné ?
  • Comment savoir si le consentement a été donné en prenant en compte toutes les conséquences ?

Ces deux questions touchent à l’accord de l’âme à une proposition.

Tuer (4) – La Famille

La seconde valeur humaine est de tisser des liens forts entre membres de sa famille.

Famille congolaise

Famille congolaiseP1

La famille est toujours un noyau fort lorsqu’elle est gérée par des valeurs de solidarité.

A méditer : la piété filiale

En chine

Sur la piété filiale en Chine : H. Cordier, La piété filiale et le culte des ancêtres en Chine, 1910, Paris disponible sur le site Gallica.bnf.fr

En grece antique

De Schutter, 1991, Piété et impiété filiale en Grèce, Kernos, 219 – 243, lien

dans l’islam

Dieu a décidé (…) (que vous deviez) tenir une belle conduite envers vos père et mère, soit que l’un d’eux ait atteint la vieillesse ou qu’ils y soient parvenus tous deux et qu’ils restent avec vous. Garde-toi de leur marquer du mépris, de leur faire des reproches. Parle-leur avec respect. 

Sois humble envers eux et plein de tendresse, et adresse cette prière à Dieu, Seigneur, aie pitié d’eux, ils m’ont élevé dans mon enfance. 

Coran, 17 : 24 – 25, trad. Kazimirski

Les liens familiaux

La famille est un lien non choisi, mais c’est un lien construit avec le temps, la patience, la tolérance et aussi beaucoup d’amour. C’est un lien qui peut perdurer la vie entière. Séparés longtemps, on se retrouve avec joie.

« Dieu groupe les solitaires en familles », paroles réconfortantes de la Bible… familles unies par le sang, l’obligation, la nécessité, le désir… et parfois, avec beaucoup de chance, l’amour. Le mot « famille » implique la solidité, des fondations aussi solides que le roc, un foyer où l’on grandit… d’où l’on part… et dont pourtant on se souvient, et auquel on tient… des échos qui ne quittent jamais nos oreilles, notre coeur, des souvenirs sculptés comme de l’ivoire peint, taillés dans une seule défense, délicatement colorés de nuances éclatantes, ou plus douces, effacées parfois, presque oubliées… et pourtant jamais rayées de l’existence, jamais vraiment oubliées.

Ce lieu où chacun commence, et où chacun espère finir… cette oeuvre que l’on construit avec peine… ajoutant pierre après pierre à l’édifice dressé vers le ciel…. La Famille… Quelles images elle éveille en nous… quels souvenirs… quels rêves….

Danielle Steel, 1992, Album de famille

Familles et séparations forcées

Tous ceux qui séparent des êtres humains volontairement de leur famille toucheront le prix de leurs actes.

A méditer : la rupture avec sa famille, un des critères de dérive sectaire

Miviludes, une mission interministérielle d’observation, d’analyse et de coordination des actions de prévention et de répression des dérives sectaires, définit comment déceler l’influence sectaire dans le comportement d’un proche avec les items suivants :

  • adoption d’un langage propre au groupe
  • modification des habitudes alimentaires ou vestimentaires
  • refus de soins ou arrêt des traitements médicaux régulièrement prescrits
  • situation de rupture avec la famille ou le milieu social et professionnel
  • engagement exclusif pour le groupe
  • soumission absolue, dévouement total aux dirigeants
  • perte d’esprit critique
  • réponse stéréotypée à toutes les interrogations existentielles.
  • embrigadement des enfants
  • existence d’atteintes à l’intégrité physique ou psychique
  • manque de sommeil

La plupart de ces comportements peuvent être reliés à des signes de possession.

A méditer : l’origine du mot famille

Le mot famille dérive du latin familia, qui désigne plusieurs groupes(1) :

  • ensemble des serviteurs, domesticité
  • troupe de gladiateurs (appartenant à un même maître)
  • troupe d’acteur (instruite par un même metteur en scène)
  • ensemble des clients d’un même patron
  • Maison, ménage
  • patrimoine
  • Maison, c’est à dire famille (ensemble des personnes unies par le sang)
  • Secte philosophique (se rattachant à un unique fondateur)

Sources bibliographiques :

  1. Goelzer H., 1966, Dictionnaire Latin – Français, Editions GF Flammarion, p. 259

Crédits photos :


Tuer (3) – La dignité humaine

La seconde manière de tuer une personne au sens moral est d’attaquer ses valeurs humaines. Les manières d’attaquer les valeurs humaines sont nombreuses et toutes délétères pour celui qui se laisse vite aller à les renier.

La première et principale valeur de tout être humain est la dignité. La dignité est la conscience de sa valeur en tant qu’être humain.

Liens externes sur la dignité humaine

  • Dans le droit :
  • La dignité de la personne : valeur universelle ? Collège des Bernardins :
  • Dans l’islam, selon Pierre Lory :

https://www.franceculture.fr/emissions/questions-d-islam/la-dignite-de-l-homme-dans-le-coran

  • Peut-on perdre sa dignité ? selon Eric Delassus, Docteur en Philosophie

https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-00796705/document

La perte de la dignité et la possession

Lorsque la personne renonce à sa dignité, valeur de protection contre les tentatives de possession du corps humain par les démons, tous les autres verrous seront forcés à leur tour.

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dignité humaine
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Tuer (2) – L’insulte

La première manière de tuer une personne au sens moral est de la rabaisser ou de l’insulter.

Que les hommes ne se moquent point des hommes : ceux que l’on raille valent peut-être mieux que leurs railleurs, ni des femmes des autres femmes, peut-être celles-ci valent mieux que les autres.

Ne vous diffamez pas entre vous, et ne vous donnez point de sobriquets. Que ce nom : méchanceté [ou perversion], vient mal après la foi que vous professez. Ceux qui ne se repentiraient pas après une pareille action, [ceux-là sont les injustes].  

Coran, 49 : 11

L’insulte est une façon de pousser l’âme humaine à douter d’elle. L’insulte entrave l’amour nécessaire à l’âme pour vivre.

young diverse men harassing female on street harcèlement de rue insulte
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Toi, tu le sais, on m’insulte : je suis bafoué, déshonoré ; tous mes oppresseurs sont là, devant toi. L’insulte m’a broyé le coeur, le mal est incurable ; j’espérais un secours, mais en vain, des consolateurs, je n’en ai pas trouvé.

Psaume, 68 : 20 – 21

L’insulte contre un enfant incapable de se défendre force l’âme soit à devenir agressive, soit à se replier sur elle-même, matérialisant l’insulte et liant l’âme aux démons envoyés par la personne formulant l’insulte.


Sujets à méditer :

Le harcèlement à l’école

Témoignage d’une psychologue sur le harcèlement à l’école en Colombie(1) : ce texte nous présente une comparaison intéressante entre deux enfants : l’un harceleur, l’autre harcelé. L’auteure cherche ce qui les relie.

Le mot utilisé en anglais pour harcèlement est Bullying : « agression systématique et répétée qui est exercée par une ou plusieurs personnes contre un tiers dans laquelle il y a une volonté manifeste de nuire à l’autre avec des comportements de provocation directe ou indirecte, propres à une relation asymétrique. »

Bullying viendrait de bully, « voyou ». Pour plus de détails voir (2). Toutefois, le lien avec le taureau « bull » est évidente, le taureau étant le symbole des passions non maîtrisées.

En espagnol, le terme utilisé est aussi signifiant : « matoneo » soit « tuer l’autre symboliquement« (1) ou toujours du point de vue symbolique : tuer (matar) d’une manière nouvelle (neo). Ce mot viendrait du verbe matonear utilisé au Costa Rica pour dire : « tuer quelqu’un traîtreusement, alors qu’il rôdait« . Matonear serait agir comme un « matón », c’est à dire un intimidateur(3).

Les mots qui font mal

L’enfant qui croira l’insulte adoptera le comportement suggéré, preuve de la possession.

Il était une fois, un marchand de cochons qui épousa une marchande de dindons. Ils eurent un enfant pas vilain avec des tâches de rousseur au coin des yeux. Ses parents le trouvaient aussi beau qu’un fils de roi. Hélas, cet enfant était dégoûtant !

Il ne voulait pas se laver, ni se fatiguer à prendre un bon bain ni s’embêter à se frotter. Au lieu de l’obliger à se laver son père lui répétait : – Pouah, tu es sale comme un cochon ! Et sa mère lui disait sans arrêt : – Beurk, tu es sale comme un cochon !

Si bien, qu’un beau matin, en se réveillant, le garçon se regarda dans la glace et vit qu’il était devenu… un cochon.

Schmitzberger, Sale comme un cochon !(4)
Le cochon prêt à tuer
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Sources bibliographiques :

  1. Sanchez J., Quest-ce qu’a à dire la resilience au sujet du bullying (l’intimidation), The second World Congress on Resilience : From person to society, Timisoara, Roumanie, 8 – 10 mai 2014, p. 97 – 100
  2. https://www.etymonline.com/word/bully#etymonline_v_45973 consulté le 13 décembre 2021
  3. https://definiciona.com/matoneo-escolar/ consulté le 13 décembre 2021
  4. Schmitzberger Simone, Sale comme un cochon !, Contes et histoires de Pomme d’Api, 2009, Bayard Jeunesse, p. 304, ISBN : 978-2-7470-2920-9

Tuer (1) – La mort physique

Le meurtre est prohibé par l’ancien testament

« Tu ne tueras point » est l’un des commandements que Dieu a donné à Moïse.

Moïse et Aaron avec les Tables de la Loi décalogue
Moïse et Aaron avec les Tables de la Loi, 1692,
Auteur inconnu, Jewish Museum Londres(P1)

« Tu ne tueras point. »

Exode, 20 : 13 ; Deutéronome, 5 : 17, traduction Louis Segond

A méditer : Film de Krzysztof Kieślowski, Tu ne tueras point, 1988, Décalogue (attention : film comportant des scènes de violence)

tombe de Kieslowski auteur du décalogue tu ne tueras point

Yatzek, 20 ans, déambule, arrogant et maussade, dans les rues sombres de Varsovie. Ailleurs, un chauffeur de taxi nettoie méticuleusement son véhicule, tandis que dans le centre-ville un brillant élève juriste apprend sa réussite à l’examen du barreau. Ces trois destins vont se croiser dans des circonstances dramatiques…


Préméditation
Cinquième épisode du Décalogue, ce film met en scène deux mises à mort, dans une construction symétrique parfaite. La séquence du meurtre du chauffeur de taxi est violente, bestiale, très longue. La caméra s’accroche au visage de Yatzek, terrifié, traque le corps du chauffeur qui se débat. Dans la seconde partie, malgré l’énergie et la conviction déployées par son avocat, Yatzek est condamné. Pour tourner la scène du trépas, Kieslowski a reconstitué au centimètre près la chambre d’exécution polonaise. Alors que Yatzek a tué le chauffeur dans la plus grande improvisation, son châtiment est prémédité et soigneusement préparé…

L’avocat apparaît comme le porte-parole de Kieslowski. Après le procès, il raconte au juge qu’avant que Yatzek ne commette son crime il se trouvait dans le même café que lui, à la même heure. Peut-être aurait-il pu empêcher le drame s’il avait été plus attentif. Ce propos rappelle singulièrement Kieslowski, qui affirmait : « Il y a dans la vie moderne – mais peut-être en a-t-il toujours été ainsi – comme une distraction générale. Faire attention, il me semble que c’est un premier pas vers l’amour. »

(article d’Arte.tv : https://www.arte.tv/fr/videos/019633-000-A/tu-ne-tueras-point/, consulté le 12 décembre 2021)


Le meurtre : uniquement un acte physique ?

Tuer une personne s’entend au sens physique mais aussi, voire surtout, au sens moral.

« Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : Tu ne commettras pas de meurtre, et si quelqu’un commet un meurtre, il devra passer en jugement. Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère devra passer en jugement. Si quelqu’un insulte son frère, il devra passer devant le tribunal. Si quelqu’un le traite de fou, il sera passible de la géhenne de feu. »

Evangile de Jésus selon Saint-Matthieu, 5 : 21 – 22

Tuer au sens physique, tout le monde peut le comprendre. Mais que veut dire tuer au sens moral ? Nous allons l’expliquer au cours des prochains articles.


Crédits Photos :

  1. Auteur inconnu, Moses and Aaron with the Tablets of the Law – Google Art Project, marked as public domain, more details on Wikimedia Commons
  2. Zuska assumed (based on copyright claims), tombe de Kieslowski, Kieslowski PowazkiCC BY-SA 3.0

Lire la suite : Tuer (2) – L’insulte

La mort (4)

La mort est une joie pour les croyants.

Un sujet méditer : la Fête des Morts ou Día de los Muertos au Mexique

A travers un film : Coco de Disney


A travers une histoire : Frida et Diego au pays des squelettes(1)

Frida et Diego au pays des squelettes mort

 » A la fête des Morts, une grande veillée est célébrée au cimetière. On apporte des offrandes aux défunts et, durant toute la nuit, le cimetière se remplit des monde, de musique et de lumières.« 

Fabian Negrin(1)

Pour aller plus loin sur la fête des Morts :

  • Pour les hispanophones : lien vers el Instituto Nacional de Antropología e Historía, Yaquis y mayos celebran el ciclo ritual de la muerte
  • Lien vers l’article Jour des Morts (Mexique) de Wikipedia
  • Fiche du 7 juillet 2010 de l’inventaire culturel du patrimoine immatériel de la France sur la Fête des Morts

Se préparer à la mort

La mort est toujours un passage difficile. Il est important de s’y préparer.

Ibn Khaldun

Un grand bateau du nom de « Rub’ al-dunya » venant du Maghreb fit naufrage. Il transportait des cadeaux de prix envoyés par le sultan du Maghreb. L’épouse du Cadi Waliyu al-dîn Ibn Khaldun et ses cinq filles périrent, ses biens et ses livres furent perdus. (…) Seuls échappèrent ses deux fils, Muhammad et ‘Ali qui vinrent au Caire.

Ibn Qâdhî Shuhba, 1448, cité par Bouhdiba(2)

Buste de Ibn Khaldun, Algérie(P1)



La maladie ou le corps périssable

La maladie est une préparation à la mort, car elle provoque l’interrogation sur la fin de sa vie terrestre.

Mère à l'agonie deux mois avant sa mort fusain 1504 Dürer

« Ma pieuse mère a souvent souffert de maladie pestilentielle et de beaucoup d’autres grands maux, elle a subi la pauvreté, les quolibets, le mépris, les sarcasmes et autres adversités, mais elle n’en est pour autant jamais devenue rancunière. Et dans la mort, elle paraissait encore plus douce qu’alors qu’il lui restait un souffle de vie. »

Dürer Albrecht, Chroniques familiales

Portrait de la mère à l’agonie, 1504, Dürer

De beaux témoignages à découvrir :

  • Kadiatou Diallo et le cancer, une survivante engagée sur le site de l’OMS
  • Marie-Laure, survivre à un AVC sur le site France AVC

Sources bibliographiques :

  1. Negrin Fabian, Frida et Diego au pays des squelettes, 2011, Seuil Jeunesse, p. 13, ISBN : 978-2-02-104430-0
  2. Bouhdiba Abdelwahab, Chapoutot-Remadi Mounira, sur les pas d’Ibn Khaldun, 2006, Sud Editions – Tunis, p. 278

Crédit photo

  1. Albrecht Dürer creator QS:P170,Q5580, Albrecht Duerer, Bildnis seiner Mutter, marked as public domain, more details on Wikimedia Commons

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La mort (3) – La mort à la matière

La mort physique est visible. La mort spirituelle se devine. La mort à la matière est toujours cachée.

Texte à méditer : Mathnawî, Rûmî, livre 6 : Commentaire sur la parole du Prophète (sur lui la paix !) « mourez avant de mourir », 738 – 739; 742 – 749(1)

Ô toi qui possèdes la sincérité, si tu désires cette Réalité dévoilée, choisis la mort et déchire le voile ; non pas une mort telle que tu entreras dans la tombe, mais une mort consistant en une transmutation, pour que tu puisses entrer dans la Lumière. (…)

C’est pourquoi Mustafâ (Mohammad) a dit : « Ô chercheur des mystères, si tu désires voir un mort vivant – marchant sur la terre, comme les hommes vivants ; cependant il est mort, et son esprit est monté au ciel ;

Celui dont l’esprit possède une demeure dans les hauteurs en ce moment, de sorte que, s’il meurt, son esprit ne sera pas transféré, Parce qu’il a été transféré avant la mort : ce mystère n’est compris qu’en mourant, non en se servant de sa raison ; C’est un transfert, mais non comme le transfert de l’esprit commun des gens, qui ressemble au déplacement d’un lieu à l’autre –

Si l’on souhaite voir un homme mort marchant ainsi visiblement sur la terre, Qu’on contemple Abû Bakr le pieux qui, étant un témoin sincère, devint le Prince des Ressuscités ».



Poème des papillons -Rûmi

Les hommes sont comme les trois papillons devant la flamme d’une bougie. Le premier s’en approche et dit : « Moi, je connais l’amour. » Le second vient effleurer la flamme de ses ailes et dit :  » Moi, je connais la brûlure de l’amour. » Le troisième se jette au coeur de la flamme et se consume. Lui seul connait le véritable amour.


La mort à la matière est le détachement complet de l’âme humaine des biens de ce monde.

Texte à méditer : L’entretien de jésus et nicodème, evangile de jésus selon saint jean, chapitre 3

Jésus et Nicodème naitre d'en haut ou la mort à la matière
Jésus et Nicodème, Artiste inconnu, 1904(P1)

Evangile de Jésus selon Saint-Jean, 3 : 1 – 8

 Il y avait un homme, un pharisien nommé Nicodème ; c’était un notable parmi les Juifs. Il vint trouver Jésus pendant la nuit. Il lui dit : « Rabbi, nous le savons, c’est de la part de Dieu que tu es venu comme un maître qui enseigne, car personne ne peut accomplir les signes que toi, tu accomplis, si Dieu n’est pas avec lui. »

Jésus lui répondit : « Amen, amen, je te le dis : à moins de naître d’en haut, on ne peut voir le royaume de Dieu. »

Nicodème lui répliqua : « Comment un homme peut-il naître quand il est vieux ? Peut-il entrer une deuxième fois dans le sein de sa mère et renaître ? »

Jésus répondit : « Amen, amen, je te le dis : personne, à moins de naître de l’eau et de l’Esprit, ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair ; ce qui est né de l’Esprit est esprit. Ne sois pas étonné si je t’ai dit : il vous faut naître d’en haut. Le vent souffle où il veut : tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va. Il en est ainsi pour qui est né du souffle de l’Esprit. »

Traduction, AELF


Pour une étude spécifique de l’entretien de Jésus avec Nicodème : voir la page suivante.

Sources bibliographiques :

  1. Rûmî Djalâl-od-Dîn, Mathnawî, La Quête de l’Absolu, traduit du persan par Eva de Vitray Meyerovitch et Djamchid Mortazavi, 2004, Editions du Rocher, p. 1425, ISBN : 2-268-01041-4

Crédits photo :

  1. Providence Lithograph Company, Jesus and Nicodemus, marked as public domain, more details on Wikimedia Commons
  2. Hossein Behzad artist QS:P170,Q464988, مولانا اثر حسین بهزاد (cropped), marked as public domain, more details on Wikimedia Commons

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La mort (2)

La mort physique arrive lorsque l’âme qui gère le corps est arrivée au terme de sa vie terrestre.

Le terme de la vie terrestre

Jésus mort sur La Croix
Eglise de San Polo (Venise) – Chemin de croix XII – Jesus meurt sur La Croix, Giandomenico Tiepolo(P1)

Qui d’entre vous, en se faisant du souci, peut ajouter une coudée à la longueur de sa vie ?

Evangile de Jésus selon Saint-Matthieu, 6 : 27


white clouds

« Nul homme n’est maître de son souffle au point de retenir le souffle de sa vie.

Nulle maîtrise sur le jour de la mort, nulle délégation pour ce combat : le crime ne sauve pas le criminel. »


–L’Ecclésiaste, 8 : 8


Toute âme [goûtera à] la mort. Vous recevrez vos récompenses au jour de la Résurrection. Celui qui aura évité le feu et qui entrera dans le Paradis, celui-là sera bienheureux, car la vie d’ici-bas n’est qu’une jouissance trompeuse.

Coran, 3 : 182

La vie terrestre en tant qu’étape

La vie terrestre n’est qu’une étape dans la vie de l’âme.

person riding kayak

Qui sait ce qui est bon pour l’homme durant sa vie, durant le peu de jours de cette vie de vanité qu’il traverse comme une ombre ?

Qui donc peut lui révéler ce qui, après lui, sera sous le soleil ?


L’Ecclésiaste, 6 : 12

Texte à méditer : l’experience de la mort, Paul-Louis Landsberg(1)

Ch. I. Position de la question

« L’espèce humaine est la seule qui sache qu’elle doit mourir, et elle ne le sait que par l’expérience ». C’est par cette constatation que Voltaire, souvent bien plus inquiet qu’on ne le croirait, pose, dès le début de son traité sur l’homme, le problème sous son vrai jour. (…)

Ch. IV. « Répétition » de l’expérience de la mort du prochain

(…) Cette expérience de la mort du prochain est singulière chaque fois qu’elle s’accomplit. La mort y est donnée dans sa singularité personnelle. Chaque mort est unique comme le mode de présence de chaque personne. Mais ensuite, une intuition de la nécessité de la mort peut surgir. L’enchaînement le plus étroit entre un événement d’ordre vital et une disparition de la personne est devenu perceptible aux yeux de l’esprit. La personne devient absente de cette manière étrange, à l’instant même où le processus vital dans un organisme donné a pris fin. Ce changement de rapport peut être reconnu comme essentiel et nécessaire dans toute expérience de ce genre.

Le corps vivant devient un cadavre. Mais un cadavre n’est plus un lieu pour la présence d’une personne. L’aspect même du cadavre ne nous enseigne pas seulement qu’ici le processus vital propre à un individu de l’espèce humaine est arrivé à sa fin, mais, une fois introduite la catégorie de la personne, cet aspect nous enseigne aussi que l’esprit personnel ne peut plus se réaliser dans ce corps.

Dans les yeux ouverts d’un défunt nous apercevons non seulement la fin de la vie, mais aussi bien la disparition de la personne spirituelle. Nous voyons même que l’un ne peut plus être présent, parce que l’autre n’est plus là. La vie, dans le sens biologique du mot, montre, en se terminant, qu’elle est la base de la présence, base indispensable à la réalisation de l’esprit personnel dans l’être humain. (…)

Pistes de reflexion : La mort et l’au-delà dans différentes culture

La mort physique signe la fin du corps, pas de l’âme.

Le corps sans l’âme humaine

Lorsqu’un corps est maintenu en vie malgré la mort de l’âme, rien ne fera reprendre une vie véritable au corps.

A méditer : le coma entre la vie et la mort ?

La mort : une délivrance

La mort physique libère l’âme de la prison du corps et de toutes les causes physiques de souffrance.

A méditer : Le suicide d’honneur au japon, la fin des souffrances ?

Le suicide des hommes : Seppuku ou Hara-Kiri
Seppuku de Akashi Gidayu Suicide

Ce qu’il allait accomplir appartenait à sa vie publique, à sa vie de soldat dont sa femme n’avait jamais été témoin. Cet acte exigeait autant de volonté que se battre exige de courage ; c’était une mort dont la dignité et la qualité n’étaient pas moindres que celle de la mort en première ligne. Ce dont il allait faire montre, c’était de sa conduite sur le champ de bataille.

– Mishima, Patriotisme(2)


Le général Akashi Gidayu s’apprêtant à faire seppukuYoshitoshi Tsukioka, vers 1890.

Le suicide des femmes : le Jigai
«Con onor muore», Madame Butterfly, opéra en trois acte de Puccini, 1904

Con onor muore chi non può serbar vita con onore

Tu, tu piccolo Iddio ! Amore, amore mio, fior di giglio e di rosa.

Non saperlo mai per te, per i tuoi puri occhi, muor Butterfly perché tu possa andare di là dal mare senza che ti rimorda ai dì maturi, il materno abbandono.

O a me, sceso dal trono dell’alto Paradiso, guarda ben fiso, fiso di tua madre leai faccia !… che te n’resti una traccia. Guarda ben !
Amore, addio !
Addio! piccolo amor ! Va. Gioca, gioca. 

Que meure avec honneur celui qui ne peut vivre dans l’honneur

Toi, toi mon petit dieu Amour, mon amour, Fleur de lys et de rose.

Ne sache jamais, c’est pour toi, pour tes yeux purs que meurt Butterfly, pour que tu puisses aller au-delà des mers sans que tu aies le remords quand tu seras grand de l’abandon de ta mère.

Ô toi qui m’es descendu du trône
du haut Paradis, regarde bien, fixe
le visage de ta mère !… afin qu’il t’en reste une image.
Regarde bien ! Amour, adieu !
Amour, petit amour ! Va. Joue, joue. 


Sources bibliographiques :

  1. Landsberg Paul-Louis, Essai sur l’expérience de la mort, 1937, Edition du Seuil de 1993, p 17, p. 35 – 36, ISBN : 2-02-017283-6
  2. Mishima Yukio, La mort en été, Patriotisme, 1983, Gallimard, Folio, p. 191, ISBN : 2-07-038036-X

Crédits photo :

  1. Didier DescouensChiesa di San Polo (Venice) – VIA CRUCIS XII – Jesus dies on the crossCC BY-SA 4.0
  2. Yoshitoshi artist QS:P170,Q467337, Akashi Gidayu writing his death poem before committing Seppuku, marked as public domain, more details on Wikimedia Commons

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La mort (1)

L’âme humaine est attirée par la question de la mort.

Arbre mort
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La mort prend de nombreuses formes selon le point de vue pratiqué. Nous allons faire un tour d’horizon.

La mort physique

Le premier point de vue, simple en apparence, est le point de vue physique. La mort est ce qui arrive à la fin de la vie. Lorsque la vie quitte un corps, le corps se décompose.

Les hommes en naissant sont tendres et frêles,
La mort les rend durs et rigides ;
En naissant les herbes et les arbres sont tendres et fragiles, 
La mort les rend desséchés et amaigris.

Le dur et le rigide conduisent à la mort ;
le souple et le faible conduisent à la vie.

Forte armée ne vaincra ;
grand arbre fléchira.

La dureté et la rigidité sont inférieures ;
la souplesse et la faiblesse sont supérieures.

— Lao-Tseu, 76, Tao tö king(1)

grayscale photo of bare treeArbre mort
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Le devenir de l’âme

Mais, forcément, la mort n’est pas la fin de l’âme, car l’âme est destinée après sa mort à vivre dans l’un des trois lieux de l’Après-Vie.

man holding hoe

Et que la poussière retourne à la terre comme elle en vint,

et le souffle de vie, à Dieu qui l’a donné.


L’Ecclésiaste, 12 : 7

De la poussière, [Le Seigneur] relève le faible, Il retire le malheureux de la cendre pour qu’il siège parmi les princes, et reçoive un trône de gloire. 

Premier livre de Samuel, 2 : 8

Un texte à méditer : La mort du roi Warwolf

Mort du roi Warwolf
La Mort du Roi Warwolf, gravure sur bois de Joseph Swain
d’après un dessin de Frederick Sandys, 1862(P1)
La Mort du Roi Warwolf, une légende norroise

Le grand Roi Warwolf vieillissait,
Et sentant que la mort était à portée de main,
Résolu à mourir comme un héros le devrait —
Pas confiné dans un lit, puis enseveli dans le sable ;
Alors il revêtit bravement sa cotte de mailles dorée,
Et pris sa hache et son plus solide bouclier,
Et sa lance, et son arc, et son épée à deux tranchants—
Que personne d'autre que lui-même ne pouvait manier.

Et il ordonna de traîner sa galère en avant,
Et de la charger des plus secs des troncs de pin,
Et de les stocker avec des tonneaux de chêne noueux et cerclés,
Et de les empiler, alignés, avec des pommes de pin.
Alors ils mirent toutes les voiles en drap d'or dehors,
Et ils attachèrent le gouvernail bien usé plein nord,
Et ils l'ont descendu sur leurs boucliers d'airain
Sur la barque qui devait l’emporter.

Assis droit sur son trône de sapin,
Dans sa robe royale et sa couronne étincelante,
Pendant que la galère fatale l’emportait
Lentement hors de vue de la ville,
Chantant des hymnes de louange à Odin,
Gaiement, mais avec un souffle défaillant,
Il est allé dans la splendeur et le cœur intrépide,
D'une manière royale rencontrer le Roi de la Mort.

Ils ont regardé jusqu'à ce qu'ils voient le navire couler
Au-dessous de la longue ligne grise de la mer ;
Et puis il y eu un grand éclat rouge,
Qui semblait par à-coups cramoisi,
Tout le vaste ciel, et fondre les vagues
Dans un chaudron de lumière rouge sang,
Et juste après, tout d'un coup est tombée
Une obscurité accablante, et puis vint la NUIT.

George Walter Thornbury(2)

Ressource externe :



Un second texte à méditer : la mort du lettré retiré Rao(3)

« Un jour, il mena ses disciples au sommet du mont Huagai, il leur transmit le Dao ultime et prononça le serment suivant :

« Préservez votre qi et parlez peu ; détachez-vous de toute envie de richesse, de gloire ou de satisfactions charnelles. Accumuler des mérites est la chose la plus importante ; demander pardon pour vos fautes est la seconde. Aller au secours des gens en guérissant leurs maladies, en écartant leurs désastres et calamités et en évitant sécheresses et inondations permet d’acquérir les mérites les plus nombreux. Etre loyal envers son souverain, pieux envers ses parents, conciliant envers tous, bienveillant et digne de confiance constitue votre conduite.

Qi
Qi

En pratiquant ainsi vous serez uni au Dao et recevrez des récompenses invisibles : même si vous n’avez pas pris le Très-Haut comme maître (c’est-à-dire, été ordonnés en comme daoshi), vous serez déjà déjà parmi les immortels

Immortels tao
Huit immortels, 1873, Mori Kansai(P2)

Il dit encore : « Maintenant se tient la réunion des immortels et transcendants au pic du Bambou vert, j’ai été convoqué et ne puis rester plus longtemps avec vous.» Il agita la main pour prendre congé de ses disciples et un fort vent se leva qui fit voler la poussière, il se mit à marcher à la vitesse d’un cheval au galop et tout d’un coup il avait disparu. Depuis lors, la liturgie correcte s’est diffusée dans le monde. »

Sources bibliographiques :

  1. Lao-Tseu, Tao Tö King, traduit du chinois par Liou Kia-Hway, 1967, Coll. Connaissances de l’Orient, Gallimard, p. 114
  2. Thornbury G.W., The death of King Warwolf, 30 août 1862, vol. 7, n°166, Once a Week, Londres
  3. Goossaert Vincent, Vie des saints exorcistes, Hagiographies taoïstes XIe-XVIe siècles, 2021, Belles Lettres, Bibliothèque chinoise, p. 105, ISBN : 978-2-251-45189-3

Crédits photos :

  1. Frederick Sandys artist QS:P170,Q1470796 Joseph Swain artist QS:P170,Q16856885, Frederick Sandys – The Death of King Warwulf, marked as public domain, more details on Wikimedia Commons
  2. Mori Kansai creator QS:P170,Q18011598 , Mori Kansai – Eight Immortals – 2001.16B – Rhode Island School of Design MuseumCC0 1.0

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