Tuer (3) – La dignité humaine

La seconde manière de tuer une personne au sens moral est d’attaquer ses valeurs humaines. Les manières d’attaquer les valeurs humaines sont nombreuses et toutes délétères pour celui qui se laisse vite aller à les renier.

La première et principale valeur de tout être humain est la dignité. La dignité est la conscience de sa valeur en tant qu’être humain.

Liens externes sur la dignité humaine

  • Dans le droit :
  • La dignité de la personne : valeur universelle ? Collège des Bernardins :
  • Dans l’islam, selon Pierre Lory :

https://www.franceculture.fr/emissions/questions-d-islam/la-dignite-de-l-homme-dans-le-coran

  • Peut-on perdre sa dignité ? selon Eric Delassus, Docteur en Philosophie

https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-00796705/document

La perte de la dignité et la possession

Lorsque la personne renonce à sa dignité, valeur de protection contre les tentatives de possession du corps humain par les démons, tous les autres verrous seront forcés à leur tour.

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Tuer (2) – L’insulte

La première manière de tuer une personne au sens moral est de la rabaisser ou de l’insulter.

Que les hommes ne se moquent point des hommes : ceux que l’on raille valent peut-être mieux que leurs railleurs, ni des femmes des autres femmes, peut-être celles-ci valent mieux que les autres.

Ne vous diffamez pas entre vous, et ne vous donnez point de sobriquets. Que ce nom : méchanceté [ou perversion], vient mal après la foi que vous professez. Ceux qui ne se repentiraient pas après une pareille action, [ceux-là sont les injustes].  

Coran, 49 : 11

L’insulte est une façon de pousser l’âme humaine à douter d’elle. L’insulte entrave l’amour nécessaire à l’âme pour vivre.

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Toi, tu le sais, on m’insulte : je suis bafoué, déshonoré ; tous mes oppresseurs sont là, devant toi. L’insulte m’a broyé le coeur, le mal est incurable ; j’espérais un secours, mais en vain, des consolateurs, je n’en ai pas trouvé.

Psaume, 68 : 20 – 21

L’insulte contre un enfant incapable de se défendre force l’âme soit à devenir agressive, soit à se replier sur elle-même, matérialisant l’insulte et liant l’âme aux démons envoyés par la personne formulant l’insulte.


Sujets à méditer :

Le harcèlement à l’école

Témoignage d’une psychologue sur le harcèlement à l’école en Colombie(1) : ce texte nous présente une comparaison intéressante entre deux enfants : l’un harceleur, l’autre harcelé. L’auteure cherche ce qui les relie.

Le mot utilisé en anglais pour harcèlement est Bullying : « agression systématique et répétée qui est exercée par une ou plusieurs personnes contre un tiers dans laquelle il y a une volonté manifeste de nuire à l’autre avec des comportements de provocation directe ou indirecte, propres à une relation asymétrique. »

Bullying viendrait de bully, « voyou ». Pour plus de détails voir (2). Toutefois, le lien avec le taureau « bull » est évidente, le taureau étant le symbole des passions non maîtrisées.

En espagnol, le terme utilisé est aussi signifiant : « matoneo » soit « tuer l’autre symboliquement« (1) ou toujours du point de vue symbolique : tuer (matar) d’une manière nouvelle (neo). Ce mot viendrait du verbe matonear utilisé au Costa Rica pour dire : « tuer quelqu’un traîtreusement, alors qu’il rôdait« . Matonear serait agir comme un « matón », c’est à dire un intimidateur(3).

Les mots qui font mal

L’enfant qui croira l’insulte adoptera le comportement suggéré, preuve de la possession.

Il était une fois, un marchand de cochons qui épousa une marchande de dindons. Ils eurent un enfant pas vilain avec des tâches de rousseur au coin des yeux. Ses parents le trouvaient aussi beau qu’un fils de roi. Hélas, cet enfant était dégoûtant !

Il ne voulait pas se laver, ni se fatiguer à prendre un bon bain ni s’embêter à se frotter. Au lieu de l’obliger à se laver son père lui répétait : – Pouah, tu es sale comme un cochon ! Et sa mère lui disait sans arrêt : – Beurk, tu es sale comme un cochon !

Si bien, qu’un beau matin, en se réveillant, le garçon se regarda dans la glace et vit qu’il était devenu… un cochon.

Schmitzberger, Sale comme un cochon !(4)
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Sources bibliographiques :

  1. Sanchez J., Quest-ce qu’a à dire la resilience au sujet du bullying (l’intimidation), The second World Congress on Resilience : From person to society, Timisoara, Roumanie, 8 – 10 mai 2014, p. 97 – 100
  2. https://www.etymonline.com/word/bully#etymonline_v_45973 consulté le 13 décembre 2021
  3. https://definiciona.com/matoneo-escolar/ consulté le 13 décembre 2021
  4. Schmitzberger Simone, Sale comme un cochon !, Contes et histoires de Pomme d’Api, 2009, Bayard Jeunesse, p. 304, ISBN : 978-2-7470-2920-9

Tuer (1) – La mort physique

Le meurtre est prohibé par l’ancien testament

« Tu ne tueras point » est l’un des commandements que Dieu a donné à Moïse.

Moïse et Aaron avec les Tables de la Loi, 1692,
Auteur inconnu, Jewish Museum Londres(P1)

« Tu ne tueras point. »

Exode, 20 : 13 ; Deutéronome, 5 : 17, traduction Louis Segond

A méditer : Film de Krzysztof Kieślowski, Tu ne tueras point, 1988, Décalogue (attention : film comportant des scènes de violence)

Yatzek, 20 ans, déambule, arrogant et maussade, dans les rues sombres de Varsovie. Ailleurs, un chauffeur de taxi nettoie méticuleusement son véhicule, tandis que dans le centre-ville un brillant élève juriste apprend sa réussite à l’examen du barreau. Ces trois destins vont se croiser dans des circonstances dramatiques…


Préméditation
Cinquième épisode du Décalogue, ce film met en scène deux mises à mort, dans une construction symétrique parfaite. La séquence du meurtre du chauffeur de taxi est violente, bestiale, très longue. La caméra s’accroche au visage de Yatzek, terrifié, traque le corps du chauffeur qui se débat. Dans la seconde partie, malgré l’énergie et la conviction déployées par son avocat, Yatzek est condamné. Pour tourner la scène du trépas, Kieslowski a reconstitué au centimètre près la chambre d’exécution polonaise. Alors que Yatzek a tué le chauffeur dans la plus grande improvisation, son châtiment est prémédité et soigneusement préparé…

L’avocat apparaît comme le porte-parole de Kieslowski. Après le procès, il raconte au juge qu’avant que Yatzek ne commette son crime il se trouvait dans le même café que lui, à la même heure. Peut-être aurait-il pu empêcher le drame s’il avait été plus attentif. Ce propos rappelle singulièrement Kieslowski, qui affirmait : « Il y a dans la vie moderne – mais peut-être en a-t-il toujours été ainsi – comme une distraction générale. Faire attention, il me semble que c’est un premier pas vers l’amour. »

(article d’Arte.tv : https://www.arte.tv/fr/videos/019633-000-A/tu-ne-tueras-point/, consulté le 12 décembre 2021)


Le meurtre : uniquement un acte physique ?

Tuer une personne s’entend au sens physique mais aussi, voire surtout, au sens moral.

« Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : Tu ne commettras pas de meurtre, et si quelqu’un commet un meurtre, il devra passer en jugement. Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère devra passer en jugement. Si quelqu’un insulte son frère, il devra passer devant le tribunal. Si quelqu’un le traite de fou, il sera passible de la géhenne de feu. »

Evangile de Jésus selon Saint-Matthieu, 5 : 21 – 22

Tuer au sens physique, tout le monde peut le comprendre. Mais que veut dire tuer au sens moral ? Nous allons l’expliquer au cours des prochains articles.


Crédits Photos :

  1. Auteur inconnu, Moses and Aaron with the Tablets of the Law – Google Art Project, marked as public domain, more details on Wikimedia Commons
  2. Zuska assumed (based on copyright claims), tombe de Kieslowski, Kieslowski PowazkiCC BY-SA 3.0

Lire la suite : Tuer (2) – L’insulte

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