La mort physique arrive lorsque l’âme qui gère le corps est arrivée au terme de sa vie terrestre.
Le terme de la vie terrestre
Qui d’entre vous, en se faisant du souci, peut ajouter une coudée à la longueur de sa vie ?
Evangile de Jésus selon Saint-Matthieu, 6 : 27
« Nul homme n’est maître de son souffle au point de retenir le souffle de sa vie.
Nulle maîtrise sur le jour de la mort, nulle délégation pour ce combat : le crime ne sauve pas le criminel. »
–L’Ecclésiaste, 8 : 8
Toute âme [goûtera à] la mort. Vous recevrez vos récompenses au jour de la Résurrection. Celui qui aura évité le feu et qui entrera dans le Paradis, celui-là sera bienheureux, car la vie d’ici-bas n’est qu’une jouissance trompeuse.
Coran, 3 : 182
La vie terrestre en tant qu’étape
La vie terrestre n’est qu’une étape dans la vie de l’âme.
Qui sait ce qui est bon pour l’homme durant sa vie, durant le peu de jours de cette vie de vanité qu’il traverse comme une ombre ?
Qui donc peut lui révéler ce qui, après lui, sera sous le soleil ?
L’Ecclésiaste, 6 : 12
Texte à méditer : l’experience de la mort, Paul-Louis Landsberg(1)
Ch. I. Position de la question
« L’espèce humaine est la seule qui sache qu’elle doit mourir, et elle ne le sait que par l’expérience ». C’est par cette constatation que Voltaire, souvent bien plus inquiet qu’on ne le croirait, pose, dès le début de son traité sur l’homme, le problème sous son vrai jour. (…)
Ch. IV. « Répétition » de l’expérience de la mort du prochain
(…) Cette expérience de la mort du prochain est singulière chaque fois qu’elle s’accomplit. La mort y est donnée dans sa singularité personnelle. Chaque mort est unique comme le mode de présence de chaque personne. Mais ensuite, une intuition de la nécessité de la mort peut surgir. L’enchaînement le plus étroit entre un événement d’ordre vital et une disparition de la personne est devenu perceptible aux yeux de l’esprit. La personne devient absente de cette manière étrange, à l’instant même où le processus vital dans un organisme donné a pris fin. Ce changement de rapport peut être reconnu comme essentiel et nécessaire dans toute expérience de ce genre.
Le corps vivant devient un cadavre. Mais un cadavre n’est plus un lieu pour la présence d’une personne. L’aspect même du cadavre ne nous enseigne pas seulement qu’ici le processus vital propre à un individu de l’espèce humaine est arrivé à sa fin, mais, une fois introduite la catégorie de la personne, cet aspect nous enseigne aussi que l’esprit personnel ne peut plus se réaliser dans ce corps.
Dans les yeux ouverts d’un défunt nous apercevons non seulement la fin de la vie, mais aussi bien la disparition de la personne spirituelle. Nous voyons même que l’un ne peut plus être présent, parce que l’autre n’est plus là. La vie, dans le sens biologique du mot, montre, en se terminant, qu’elle est la base de la présence, base indispensable à la réalisation de l’esprit personnel dans l’être humain. (…)
Pistes de reflexion : La mort et l’au-delà dans différentes culture
La mort physique signe la fin du corps, pas de l’âme.
Le corps sans l’âme humaine
Lorsqu’un corps est maintenu en vie malgré la mort de l’âme, rien ne fera reprendre une vie véritable au corps.
A méditer : le coma entre la vie et la mort ?
La mort : une délivrance
La mort physique libère l’âme de la prison du corps et de toutes les causes physiques de souffrance.
A méditer : Le suicide d’honneur au japon, la fin des souffrances ?
Le suicide des hommes : Seppuku ou Hara-Kiri
Ce qu’il allait accomplir appartenait à sa vie publique, à sa vie de soldat dont sa femme n’avait jamais été témoin. Cet acte exigeait autant de volonté que se battre exige de courage ; c’était une mort dont la dignité et la qualité n’étaient pas moindres que celle de la mort en première ligne. Ce dont il allait faire montre, c’était de sa conduite sur le champ de bataille.
– Mishima, Patriotisme(2)
Le général Akashi Gidayu s’apprêtant à faire seppuku, Yoshitoshi Tsukioka, vers 1890.
Le suicide des femmes : le Jigai
Con onor muore chi non può serbar vita con onore
Tu, tu piccolo Iddio ! Amore, amore mio, fior di giglio e di rosa.
Non saperlo mai per te, per i tuoi puri occhi, muor Butterfly perché tu possa andare di là dal mare senza che ti rimorda ai dì maturi, il materno abbandono.
O a me, sceso dal trono dell’alto Paradiso, guarda ben fiso, fiso di tua madre leai faccia !… che te n’resti una traccia. Guarda ben !
Amore, addio !
Addio! piccolo amor ! Va. Gioca, gioca.
Que meure avec honneur celui qui ne peut vivre dans l’honneur
Toi, toi mon petit dieu Amour, mon amour, Fleur de lys et de rose.
Ne sache jamais, c’est pour toi, pour tes yeux purs que meurt Butterfly, pour que tu puisses aller au-delà des mers sans que tu aies le remords quand tu seras grand de l’abandon de ta mère.
Ô toi qui m’es descendu du trône
du haut Paradis, regarde bien, fixe
le visage de ta mère !… afin qu’il t’en reste une image.
Regarde bien ! Amour, adieu !
Amour, petit amour ! Va. Joue, joue.
Sources bibliographiques :
- Landsberg Paul-Louis, Essai sur l’expérience de la mort, 1937, Edition du Seuil de 1993, p 17, p. 35 – 36, ISBN : 2-02-017283-6
- Mishima Yukio, La mort en été, Patriotisme, 1983, Gallimard, Folio, p. 191, ISBN : 2-07-038036-X
Crédits photo :
- Didier Descouens, Chiesa di San Polo (Venice) – VIA CRUCIS XII – Jesus dies on the cross, CC BY-SA 4.0
- Yoshitoshi artist QS:P170,Q467337, Akashi Gidayu writing his death poem before committing Seppuku, marked as public domain, more details on Wikimedia Commons
Article suivant : La possession
